Si les compagnons de hasard d’Isabelle Eberhardt devinèrent que sous la capuche blanche du grand burnous se dissimulait une jeune femme, il est certain qu’ils ne le laissèrent point voir. C’est sa volonté de cheminer dans la voie de l’islam qui avait retenu en premier lieu leur attention, bien plus que son travestissement ou ses assuétudes. Si bien qu’en 1900 l’insolite vagabonde avait trouvé moyen d’être affiliée à la confrérie des Kadriyas, dont l’univers mystique laissait voir que la foi islamique permettait au désir de subsister dans l’infini, comme l’Amour.